Louis Malle 
1932-1995
 

Louis Malle est un rare example de cinéaste français qui a achevé une réputation comme réalisateur de films pas seulement dans son propre pays mais à travers le monde, et surtout aux Etats-Unis.  Il n'avait pas peur d’aborder des thèmes difficiles et on trouve dans son cinéma une immense diversité de sujets. 

Malle est né en 1932 à Thumeries, près de la ville de Lille au nord de la France, dans une riche famille bourgeoise qui avait fait sa fortune dans la production de sucre depuis les guerres napoléoniennes.  En 1940, à l'âge de 12 ans, il est entré dans un internat catholique près de Paris (avec ses trois frères), une école qui abritait les élèves juives.  Les événements tragiques de cette époque sont bien rapportés dans Au Revoir les enfants (1987), un des meilleurs films du réalisateur.

Après la guerre, Malle a commencé ses études en science politique à l’Institut d'études politiques de Paris, mais, contre le gré de ses parents, il a decidé de l’abandonner et de suivre un cours d’études de film à l’institut des Hautes Études Cinématographiques.  Pas longtemps après cela, il a été recruté en tant qu’opérateur de photo par le célèbre explorateur sous-marin, Jacques-Yves Cousteau.   Il a travaillé comme co-réalisateur sur le film documentaire de Costeau, Le Monde du silence en 1956,et puis comme régisseur pour le très grand cinéaste Robert Bresson.

La fin des années 50 et le début des années 60 était un temps passionnant et turbulent pour le cinéma français, avec l’arrivée d’un grand troupeau de jeunes réalisateurs qui auraient trouvé la renommée immédiate.  Un de ces jeunes prétendants de cette nouvelle vague était Louis Malle, qui a emporté un succès instantané avec son premier film, L'Ascenseur pour l'échafaud (1958).   Dans ce film on constatait le talent de Jeanne Moreau, une actrice qui deviendrait un favori pour les autres réalisateurs de la nouvelle vague (notamment François Truffaut).

On a retouvé Jeanne Moreau dans le prochain film de Malle, Les Amants (1959), un portrait un peu choquant du désir d'une femme mariée qui l’a poussée de chercher un amour fou en dehors du mariage.   Ce film a été condamné et censuré aux Etats-Unis pour ses scènes d’amour explicites et prolongées, des scènes qui étaient vraiment érotiques et audacieuses pour son époque.

Une caractéristique qu’on trouve dans le cinéma de Louis Malle est cette immense diversité de sujets.  On a l’impression qu’il était un réalisateur qui était toujours motivé d’essayer quelque chose différent, de ne pas poursuivre le même chemin deux fois.  Ça peut expliquer pourquoi il a fait Zazie dans le métro (1960), un contraste total avec ses films précédents.  Ce film est un farce plein de gags et d’énergie, dans lequel une jeune fille boulverse toute la ville de Paris quand son désir à voyager dans le métro est contrarié par une grève.

D'autres succès ont suivi, parmi lesquels on note Vie privée (1962), dans lequel Brigitte Bardot nous a donné un quasi-autoportrait d’elle même, et Le feu follet (1963), une histoire mélancholique d’un jeune écrivain qui est sur le point de se suicider.

Après le tournage des Voleurs en 1967, Malle a declaré qu'il en avait marre de l’industrie film d’occident.  Donc, il a voyagé en Inde, où il a réalisé deux films documentaries sur la pauvreté qu’il a vu dans ces pays, Calcutta et L'Inde Fantôme .

Après son retour en France, Malle a encore suscité la polémique avec son prochain film, Le Souffle au coeur (1971).  Cette fois, il s’agissait d’un un rapport incestueux entre une jeune femme et son fils d'adolescent. Lacombe Lucien (1974) était également un film controversé à cause de son représentation d’un adolescent français corrompu par les Nazis.

Vers la fin des années 70, à la recherche de la nouvelle inspiration et du nouveau territoire, Louis Malle s'est déplacé aux Etats-Unis, où il ferait une demi-douzaine de films, dont la plupart étaient féliciter par les critiques.   On remarque particulièment Pretty Baby (1978), une histoire d'un photographe et d'une prostituée adolescente (joué par Brooke Shields, son premier rôle principal) et Atlantic City (1980), une étrange histoire d’amour entre un vieux gangster et une jeune femme.

Après presque dix ans aux Etats-Unis, Malle s’est retrouvé en France en 1987 pour réaliser un de ses meilleurs films, Au revoir les enfants, un film qui a reçu deux nominations aux Oscars.   C’était un récit autobiographique, très émouvant, de ses éxperiences dans une école religieuse pendant la deuxième guerre mondiale.  Ceci a été suivi par un comédie satirique, Milou en Mai ( 1989), dont le thème était la suffisance d’une famille bourgeoise pendant les manifestations à Paris en 1968.  

Le dernier film de Louis Malle était Vanya on 42nd Street (1994), une adaptation modeste de la pièce Uncle Vanya de Chekov.   Il est mort l'année suivante, 23 novembre 1995, d'un cancer.  Un des plus grands cinéastes de sa génération, Louis Malle nous a laissé quelques oeuvres exceptionnellement belles et surprenantes, qui nous donnent un autre regard sur un monde aussi complex et divers que son cinéma. 

English translation
 
Le Réalisateur
Le Monde du silence (1956)
Ascenseur pour l'échafaud (1958)
Les Amants (1959)
Zazie dans le métro (1960)
Vie privée (1961)
Vive le tour (1962)
Le Feu follet (1963)
Viva María! (1965)
Le Voleur (1967)
Histoires extraordinaires (1968)
Calcutta (1968)
Le Souffle au coeur (1971)
Place de la république (1974)
Humain, trop humain (1974)
Lacombe Lucien (1974)
Black Moon (1975)
Close Up (1976)
Pretty Baby (1978)
Atlantic City (1980)
My Dinner with André (1981)
Crackers (1984)
Alamo Bay (1985)
Au revoir les enfants (1987)
Milou en mai (1989)
Fatale (1992)
Vanya on 42nd Street (1994)